Dimanche 27 Avril 2008
Sunday, bluesy Sunday
Par Boulu, Dimanche 27 Avril 2008 à 21:13 GMT+2 dans Moi
C'est atroce, ce sentiment d'abandon.
Le célibat est un rêve pour beaucoup. A cet instant précis, je l'échange contre ce que vous voulez.
Envie de contact. Envie ve parler. Le seul sentiment d'humanité vient du ronronnement de la radio en fond sonore.
Il fait beau mais quand bien même. Je prèfère encore me rouler en boule dans mon sofa. La position foetale a ça de rassurant qu'elle vous façonne une carapace virtuelle que rien ne semble pouvoir détruire.
Tout me parait si fade. Ce même rayon du soleil qui, hier encore, m'apportait tant de chaleur, semble ne pas m'être destiné. Il est là pour ceux qui partagent ce dimanche à deux. Pas pour un pauvre supplicié comme moi, privé d'une joie si simple et si proche il y a encore quelques heures.
Depuis ce matin, je me voyais. Je nous voyais. Savourant ce moment de plénitude bien mérité.
Mon bagage était prêt. Plus qu'à sauter dans le train pour ces quelques jours au vert.
Parler. Du mouvement, de la joie. Me repaître de son sourire. Recharger mes batteries. Me blottir dans le creux de son bras, sous la couverture, en faisant la patate de canapé. Même le plus inepte des programmes trouve grâce à mes yeux, dans ces moments-là. Peu importe. Je baigne dans un bain d'endorphine.
Une seconde. Une toute petite et simple seconde. Juste le temps qu'il a fallu pour transformer ce joli dimanche d'avril en une séance de torture interminable. Le moindre de mes gestes me semble si dénué de sens. L'idée même de me nourrir n'a aucun intérêt.
Un regard. Un coup d'oeil à la volée pour me confirmer ma reprise ce vendredi soir. Une semaine complète pour me changer les idées dans ce contexte de stress permanent. Ce résultat d'examen qui se précise. La fatigue qui s'installe. Et bien non.... Un collègue malade en aura décidé autrement. Me voilà pris au piège. Je travaille demain. Ce n'est bien sûr pas la perspective de travailler qui me chagrine tant mais bien la vision de ce joli dimanche ensoleillé qui s'effondre lamentablement. Pfffff.... La rage.
Nous ne sommes plus des enfants, c'est clair. Ce n'est jamais qu'un jour de plus à attendre. Si on ne me demande pas de continuer à bosser les jours qui suivent....
Ce matin, seul sur le banc de la gare de Maastricht, je contemple un petit couple qui se promène. Des gestes tendres, des regards complices....
Je me prélasse, les écouteurs dans le creux de l'oreille. Les premières note de ce duo de légende entre Roland Orzabal et Oleta Adams. Rien que les premières notes...
In my head, there is a mirror....
Comme un rien peu vous sembler le comble du bonheur dans ces moments-là...
Je me le remets à l'instant. Je ferme les yeux. Le ronronnement du chat donne un tempo supplémentaire à cette magnifique chanson....
In my head, there is a mirror....
Vivement demain...







