Polémique
Il y a quelques semaines, à Bruxelles. Voyageur en civil m'apprêtant à rejoindre Bibi et les enfants en visite au musée des Sciences Naturelles, je suis installé dans un compartiment de seconde classe, à moitié rempli. Il est midi et une douce chaleur envahit la voiture ainsi que ses usagers, bercés par le bruit familer et métronomique des sections de rails qui se succèdent.
Gare du Nord. Arrêt de 2 minutes. Un groupe de jeunes attire mon attention.Déformation professionnelle, sans doute. Ils ont l'air de chercher quelqu'un. Ils scrutent au loin. Je parie ma chemise qu'ils essayent de repérer le collègue. Le signal de fermeture des portes se fait entendre. Ils grimpent tous, à la dernière seconde, tels des Indiana Jones urbains ayant échappé de peu à une mort certaine, broyés par la lourde porte d'un temple aussi secret que maudit. Les voilà sur la plateforme. Je les observe du coin de l'oeil. L'un sort ce qui me semble être un lecteur Mp3, voire un portable. Et les voilà dansant tous sur une musique hybride, mélange de Tektonik et de musique traditionnelle. A chaque mesure, ils tapent du pied si fort que la voiture en tremble. Un d'eux passe la tête dans le compartiment. Ses yeux s'illuminent. Il bondit, tel un diable de sa boite sur une jeune fille esseulée. Il s'assied à côté d'elle et lui parle dans le creux de l'oreille. Si près que la demoiselle a un mouvement de recul. Personne ne bronche. Les autres sont toujours occupés à trépigner comme des fous. Des volutes de fumée s'élèvent sur la plateforme transformée pour l'occasion en scène improvisée. La tension est palpable. Le zigoto dragueur, sentant que sa tactique est veine, s'en va rejoindre ses compagnons. Plus personne ne parle, trop occupés que nous sommes à les regarder se bousculer et hurler, chacun se demandant s'il ne sera pas le prochain harcelé.
Quelques minutes suffisent pour atteindre la gare de Schuman. Les portes s'ouvrent et les voilà évaporés aussi vite qu'ils sont arrivés, s'éparpillant sur le quai en éructant et en bousculant les navetteurs présents.
Ce bref instant fut aussi court que stressant. La moindre étincelle et c'était le clash. Hors de question pour moi de tenter quoi que ce soit. 10 contre 1, je ne fais pas le poids... Gare suivante, je me lève. Me voilà sur le lieu du crime. Des crachats et des mégots jonchent le sol. Quelques graffitis ça et là sur les parois. En salissant ce train, j'ai la sensation qu'ils m'ont sali, moi. Pas parce que c'est un train, bien évidemment. Mais parce que c'est un bien public, un endroit public... Et que leur comportement est pour moi inqualifiable, aussi bien par leur manière d'effrayer les "braves gens" que d'attenter à ce qui leur est cher: leur bien être.
Tout ça pour vous dire que cette histoire m'est revenue en mémoire en visionnant le clip vidéo polémique d'un groupe électro français. Celui-ci fustige la violence urbaine à travers des images très fortes et qui instaurent illico un climat malsain. Doit-on choquer pour dénoncer? Là est tout le débat....
Je précise que je ne fais l'apologie de quoi que ce soit, que je ne généralise pas les banlieues ni ne stigmatise aucune nationalité que ce soit...
Notez que les images sont assez dures. Vous êtes prévenus ...
Réactions ?????
Par Boulu, Vendredi 16 Mai 2008 à 10:37 GMT+2 dans Vie quotidienne (article, RSS)







